Bref... du coup... télétravail sucks...
Aaaah, le télétravail... j'en rêvais depuis des années...
Le plaisir de pouvoir rouler hors du lit 10 minutes avant l'heure à laquelle "en présentiel", tu poses tes fesses sur ta chaise de bureau devant ton ordi, parce que ton temps de trajet maison-boulot dure 3 secondes (le temps d'attraper le portable posé sur la table basse du salon, ou alors si vraiment tu pousses le bouchon aussi loin que Maurice, sans sortir de ton lit et en attrapant le portable posé sur ta table de chevet)...
Le plaisir de travailler en pyjama, voire, dans les jours de haute motivation, en survêtement pilou et grosses chaussettes pour l'hiver et short/débardeur en plein mois de juillet (le mou pour le confort, c'est la vie après tout)...
Le plaisir de travailler assis en tailleur sur ton canapé, vautré à plat ventre sur ton lit, à la table de la cuisine, les pieds sur le bureau de ta chambre avec l'ordi sur les cuisses ou même par terre en grand écart facial (pas la peine d'essayer de visualiser, ça, malheureusement, je ne sais pas faire)...
Le plaisir de te mettre au travail en mode serein parce que justement, tu ne t'es pas tapé une heure de bouchon, un accrochage avec un idiot du volant ayant obtenu son permis dans une pochette surprise et un temps d'attente d'environ douze minutes et quarante-sept secondes au feu du croisement Zerktouni et Roudani parce que Monsieur l'agent de la circulation a décidé que ça n'était pas les feux qui feraient le travail ce matin (mais lui et son sifflet)....
Le plaisir de te dire que tu fais un geste pour la planète parce que tu n'as pas eu à utiliser un moyen de transport polluant pour te rendre sur ton lieu de travail (même si en vrai tu pourrais marcher parce que tu n'habites pas si loin, mais comme tu es une grosse faignasse)...
Le plaisir de ne pas avoir à dire 200 fois bonjour à toutes les personnes que tu croises dans les couloirs du taf et prendre des nouvelles de toute la famille de ces mêmes 200 personnes (parce que voilà, tu es poli quoi, mais en vrai, tu n'en a pas grand chose à cirer soyons honnêtes)...
Le plaisir surtout de ne pas avoir à taper la bise à ces mêmes personnes, tous les jours que Dieu fait, surtout la mèche grasse de la stagiaire qui retombe entre vos deux joues comme par hasard juste au moment où elles se touchent (bouuuh, rien que d'y penser... beurk...)...
Le plaisir de pouvoir aller aux toilettes poser une pêche tranquillement, sans avoir à mettre en place tout un dispositif anti-bruit et anti-odeur dans le cas où l'opération devrait s'avérer dangereuse (so glamour, je sais, mais quand ça vient ça vient et si t'es chez toi, c'est mieux, désolée si vous étiez en train de manger)....
Le plaisir de ne pas avoir à préparer ta lunch box et de te la trimballer le matin dans ta glacière quechua vert trop moche qui pèse une tonne (parce que le tupp en verre c'est tellement plus écologique) et de pouvoir manger chez toi, à l'aise, avec tes chers bambins rentrés de l'école pour le déjeuner...
Le plaisir de travailler tranquillement, en silence, sans avoir à t'écouter les conversations personnelles (ou professionnelles hein, mais là pour l'exemple, surtout les personnelles) de tes collègues sur le menu du midi, sur la recette à utiliser pour le tajine de haricots verts, sur la dernière dispute conjugale ou sur la logistique de transport des enfants vers leurs écoles respectives (là, je plaide coupable, je fais partie des collègues chiantes qui gèrent le menu de midi et la logistique du "qui va chercher qui et quand et comment à l'école" au téléphone)...
Le plaisir de ne pas être dérangé 12 fois à la minute par un collègue qui dit bonjour et demande après les enfants et ton mari (parce que justement tu fais partie de ses 200 personnes à lui ou elle, en espérant que ce soit pas la stagiaire et qu'elle veuille pas te taper la bise) alors que tu essayes de boucler un truc hyper urgent...
Le plaisir de régler la clim à 16 si l'envie te prend parce que tu as chaud cette semaine, oui madame, parce que tu as tes règles et que quand tu as tes règles, tu as des bouffées de chaleur, même s'il fait 2 degrés dehors (et surtout quand il fait 32 degrés dehors, que merde il fait super chaud laissez la p$t@in de clim allumée sinon on va tous fondre bordel, on n'est pas au hammam quoi)...
Bref... la life is a living dream du télétravail quoi!
...
Meeeeeeeeeeeeep... (bruit de buzzer mauvaise réponse au grand jeu de la question à un million de dollars: le télétravail en vaut-il la chandelle?)
...
Télétravail sucks. Le télétravail est une conspiration d'un ordre supérieur (probablement en provenance d'une autre planète) qui cherche à éliminer une partie de la population (voire toute) de travailleurs du bureau en la rendant folle à lier... Tout ce que j'ai dit là-haut, les "plus" du télétravail, les avantages, les "perks", c'est la campagne électorale des pro-télétravail, ceux qui cherchent à te faire croire que c'est wonderful, que c'est pour ton bien et le bien-être de la planète. C'est ce qu'il y a sur le dépliant pour te convaincre à adhérer, sauf qu'en vrai, c'est que du feu...
Moi perso (et je me tire surement une balle dans le pied et peut-être je regretterai quand je n'y aurais plus droit...), je rêve de retourner au travail en présentiel tout le temps, pas juste une semaine sur X semaines.
Parce qu'en vrai...
Je rêve d'être obligée de m'habiller le matin, de me changer de mes habits mous pour des habits rêches et inconfortables qui te serrent le bide et qui grattent et que tu vas maudire toute la sainte journée en pensant à ce moment de délivrance où tu enlèveras ton soutif par en dessous de ton haut (ou ta cravate pour les mecs, histoire de rester équitable dans l'histoire) et où tu lâcheras un gros "aaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhh"...
Je rêve d'être coincée dans les bouchons, de détester le flic du carrefour qui bousille toute la circulation le matin à 7h30 et de répéter 100 fois en 20 minutes ("putain, on va être en retard, putain, merde, on va être en retard")... Bref, je veux voir de la vie quoi, et pas juste entendre les coups de klaxon en provenance de la rue...
Je rêve même de marcher dehors, sur les trottoirs pourris de Casablanca (bon, j'avoue, pour le coup, sur mon trajet, ils ne sont pas si pourris, ils ont été entièrement refaits, je suis mauvaise langue), de respirer l'air pollué par tous ces gens qui vont au boulot en voiture alors qu'ils pourraient y aller à pied (ahhheeeem...) et de risquer ma vie à chaque fois que je traverse le boulevard (ah, je me souviens maintenant pourquoi j'y vais en voiture... ce n'est pas que parce que je suis une grosse faignasse, c'est parce que marcher à Casa, c'est un peu une activité à tendance suicidaire)... Mais bon, l'important, c'est que je veux sortir de chez moi quoi...
Je rêve de taper la bise à un stagiaire aux cheveux gras (ça existe encore les stagiaires avec ce #covidàlacon d'ailleurs?) et de serrer des mains moites des co-workers et de demander après les 121 membres de leur famille, de leur hamster et de leur poisson rouge... En vrai, le coup du stagiaire, je passe, et moi déjà, la bise, ça me soule au possible.. Donc on va faire plus soft... et tout simplement...
Je rêve de croiser les collègues dans les couloirs, peut-être pas 200, et de taper la discut' avec eux, se marrer un coup, se plaindre du taf, râler qu'on était bien quand même en télétravail (#doublepersonnalité) et parce que parfois, oui, juste en croisant quelqu'un dans un couloir, et en papotant "casually" pendant 10 minutes, on règle un truc rapide, sans avoir à échanger 23 emails (punaise qu'est-ce que je déteste les emails à présent, vous n'imaginez même pas)... Bref, avoir une vie sociale quoi, plutôt que de parler à mon chat, collègue de travail hyper démotivante qui n'en glande pas une de toute la journée...
Je rêve d'être dérangée par les collègues et leurs appels téléphoniques expansifs (professionnels j'entends bien), parce que ça met de l'ambiance, et puis parce que ça permet d'échanger, d'apprendre, de faire avancer, de rester au courant (et je ne parle pas des dernières disputes de couple de ton voisin d'open space j'entends bien...)...
Je rêve de ne pas entendre le bip du lave-linge qui a fini de tourner parce que je ne peux pas m'empêcher d'aller mettre le linge au sèche-linge "rapidos" (parce que la nounou est sortie chercher le môme à l'école, et que sinon le linge mouillé va macérer), de ne pas avoir envie de plier le linge propre et sec (parce que bon, "ça va me prendre 5 minutes" et j'en ai marre de le regarder là, posé dans la bassine dans ma chambre, visuellement, c'est dérangeant), de ne pas être tentée de préparer le repas de midi (parce que bon, "je suis là, je peux bien aider un peu", et puis la nounou m'a demandé d'éteindre le feu quand la cocotte aura sifflé pendant 10 minutes), et surtout, surtout, de ne pas avoir à entendre les gamins qui s'étripent quand ils rentrent entre midi et deux pour savoir si on va regarder Bob l'éponge ou Inspecteur Gadget, et un tas d'autres choses auxquelles tu ne peux pas échapper quand tu passes toute ta journée à la maison, mais qu'en plus, tu dois travailler. Charge mentale, mais puissance 12.
Bref, surtout, et en résumé, je rêve de sortir de chez moi le matin, aller au boulot, fermer la porte derrière moi, et ne pas avoir à gérer tout ça parce que j'ai une bonne excuse: je suis au boulot. Ce qui apparemment, ne coule pas de source quand je suis en télétravail (bon, c'est sûr que quand t'es en pyj sur le canapé avec ton ordi sur les jambes... ça fait pas vraiment boulot).
Les problèmes de la maison, à la maison, et les problèmes du boulot, au boulot.
Et puis de toutes façons, le matin, je me lève à la même heure que si j'allais au boulot pour préparer les petit-déj des 3 ingrats et je sors pour emmener le mioche à l'école, donc levée pour levée...
PS: bon, je cracherai pas sur une ou deux journées en télétravail hein...

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